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CSA/MCA : quand le Doyen se gouverne comme un magasin.

by kimi-redaction

L’époque où le CSA/MCA vibrait pour les droits et la ferveur de son public paraît bien lointaine. Le club doyen, autrefois porté par une identité populaire et une vocation sportive claire, semble aujourd’hui engagé sur une pente dangereuse : celle d’une communication de repli, faite de communiqués hostiles et de calculs commerciaux, bien loin de la défense des intérêts des supporters.

Sous l’ère de Mohamed Khaldi, présenté comme un ancien magasinier du club, la stratégie de communication du CSA/MCA se résume de plus en plus à une succession de prises de position clivantes. Ces sorties ne visent pas à protéger les intérêts moraux et sportifs des fidèles du Doyen. Elles semblent plutôt destinées à sécuriser les profits générés par la vente de produits dérivés et d’équipements sportifs. Autrement dit, le club communique moins pour rassembler que pour vendre. La nuance est essentielle : elle révèle un glissement de mission.

Cette quête de prestige commercial est malheureusement devenue la nouvelle ligne directrice du CSA/MCA. L’implication des dirigeants s’arrête là où les intérêts financiers commencent. Leurs seules interventions publiques concernent le merchandising, reléguant le projet sportif au second plan. Dans un club de l’envergure du Mouloudia, cette inversion des priorités est plus qu’une erreur de communication : c’est une faute de gouvernance.

Que dire, en effet, d’une direction dont la compétence distinctive semble se limiter à la gestion des équipements vestimentaires ? Certains observateurs qualifient amèrement cette gouvernance de digne d’un simple gestionnaire de stocks. La formule est dure, mais elle traduit un malaise réel. Le CSA/MCA n’est pas une boutique. C’est une institution sportive, sociale et historique. Sa vocation première a toujours été de faire briller son public, de porter haut ses couleurs et de défendre une certaine idée du Sport algérien.

Or, force est de constater que le sportif est devenu l’arrière-plan d’une stratégie de communication tournée vers le commerce. Les supporters, eux, sont traités comme des clients à fidéliser par le maillot, non comme des partenaires à écouter. Cette dérive blesse la réputation d’un club dont l’histoire s’est construite dans la ferveur populaire, pas dans les allées d’un magasin.

Il faut le dire avec gravité : le CSA/MCA traverse une crise de sens. Les communiqués hostiles, les polémiques stériles et les interventions purement mercantiles finissent par éroder la confiance. Ils creusent un fossé entre la direction et la base. Ils donnent l’image d’un club replié sur ses intérêts immédiats, incapable de proposer un projet sportif ambitieux, structuré et crédible.

Un club comme le MCA ne peut pas se contenter de gérer des stocks de maillots. Il doit gérer un héritage. Il doit préparer une équipe, former des jeunes, défendre une identité, dialoguer avec ses supporters et rendre des comptes. La légitimité d’une direction ne se mesure pas au volume de ventes de produits dérivés, mais à sa capacité à faire progresser le club sur le terrain et dans son environnement.

Cette situation interpelle aussi les instances. Une fédération, une ligue, une tutelle ne peuvent pas rester spectatrices lorsque la gouvernance d’un club aussi symbolique dérive vers une logique purement commerciale. Le CSA/MCA appartient à son public, à son histoire et au sport algérien. Il ne peut pas être réduit à une enseigne.

La sortie de crise passe par un sursaut. Il faut restaurer la primauté du projet sportif, rétablir un dialogue réel avec les supporters, clarifier la répartition des rôles entre les dirigeants, le staff technique et les instances. Il faut aussi que les décisions stratégiques soient prises dans le cadre statutaire approprié, avec transparence et responsabilité.

Le Doyen mérite mieux que des communiqués de circonstance et des opérations de merchandising. Il mérite une direction qui comprenne que sa première richesse n’est pas le stock de maillots, mais la ferveur de son public. Tant que cette évidence ne sera pas rétablie, le CSA/MCA continuera de s’éloigner de sa vocation première : faire briller ses couleurs et honorer ceux qui l’aiment.