L’audience consacrée au procès des anciens dirigeants de la Fédération algérienne de football (FAF), parmi lesquels l’ex-président Kheïreddine Zetchi, Mohamed Saâd, ainsi que Mohamed Nekkache et Abderrahim Debbichi — s’est tenue ce lundi devant le tribunal, dans un climat tendu et riche en développements. La journée a été marquée par des interventions juridiques offensives et des révélations sur la gestion financière de l’instance.
La partie civile contestée pour conflit d’intérêts
L’un des moments forts de la journée a été la requête de l’avocat de Mohamed Saâd sollicitant le rejet de la partie civile. Son argument : un conflit d’intérêts entre le ministère des Sports et la Fédération algérienne de football, placées toutes deux sous l’autorité de la même personne, Walid Sadi, à la fois ministre des Sports et président de la FAF.
L’expertise écartée ? Un audit « interne et non signé »
De son côté, l’avocat de Djahid Zfizef a demandé au juge d’écarter le résultat de l’expertise produite à l’appui de la plainte. Motif invoqué : cette expertise n’aurait été, en réalité, qu’un « audit interne, et non signé », ne pouvant, selon la défense, être admis comme preuve.
Labdi : « J’étais bénévole… et parmi les payés figure Walid Sadi »
L’audition d’Amine Labdi a constitué la révélation de la journée. Comparaissant devant le juge, il a expliqué avoir été manager « bénévole » au sein de l’instance. Puis il a lâché une information de taille : parmi les managers qui ont été payés, figure le nom de Walid Sadi. Interrogé sur l’argent perçu par certains, Labdi a précisé qu’il s’agissait d’une prime de résultat versée par le Premier ministère, et non par la FAF.
Des témoignages nourris malgré des conditions difficiles
Ce fut ensuite le tour d’Ammar Bahloul de comparaître devant le juge. Il faut le dire : Bahloul a été magistral, explicite et limpide dans ses déclarations, et ce malgré une salle d’audience aux haut-parleurs défectueux, où l’on entendait à peine les accusés.
L’affaire reste suivie de très près. Les prochaines audiences devraient permettre d’approfondir les zones d’ombre de cette affaire.