
18 octobre 2026 : Après trois jours d’auditions et des réquisitions de 10 ans de prison, dimanche a été le jour de la défense. Devant un plateau d’avocats expérimentés (plusieurs figures du bâtonnat algérois, un docteur en droit, un ancien membre du Tribunal arbitral du sport) la plaidoirie a pris des allures de réquisitoire… contre l’accusation.
Hammoum : « La subvention était de zéro »
Maître Hammoum Lyes, second avocat de Saâd, ouvre le bal avec un argument simple et massue : durant tout le mandat, la subvention de l’État était égale à zéro. « Il ne peut donc y avoir détournement de deniers publics. »
Maître Feddak : « Moi, je ne comprends pas »
La plaidoirie de Maître Feddak Abdelkrim pour Zetchi a structuré la journée :
- Les bilans ont été approuvés en assemblée générale et ont obtenu le quitus du Trésor public. « Pas de réserve du représentant du ministère, pas de réserve du commissaire aux comptes. »
- Le code des marchés publics ne s’applique pas aux associations, régies par la loi 12/06.
- Adidas : un contrat en nature — « 8 millions de dollars d’équipements sur 4 ans, c’est 8 millions d’économisés pour la fédération et pour le Trésor. Comment parler de détournement quand il n’y a pas d’argent ? » L’équipement, lui, est au magasin, inventaires à l’appui.
- Sur l’hôtel : tarif le moins-disant, consultation restreinte, CTN en rénovation.
- Sur Labdi : le contrat existe et est aux normes. Maître Feddak le brandit au juge. « Reste à répondre : pourquoi a-t-il disparu de la fédération ? »
- L’indépendance de la FAF dans sa gestion, illustrée par l’exemple des avocats : sous tutelle du ministère de la Justice, indépendants via leur bâtonnat.
- Portrait de Zetchi : « un passionné issu d’une famille aisée », bâtisseur du Paradou, vainqueur de la CAN 2019 en demi-mandat. « Moi, je ne comprends pas », répété face au juge.
Maître Alleg : « Un maillot et une chambre d’hôtel »
Entrée fracassante de Maître Alleg Kamel pour Zfizef : « Des gens instruits, de très haut niveau, mis en prison, et depuis 4 jours, on parle d’un maillot et d’une chambre d’hôtel. » Il dénonce le rapport de l’IGF non signé et l’expertise complémentaire ignorée par l’instruction, qui conclut à l’absence de préjudice. Remettant au juge des contrats d’agences reconnues par la FIFA ailleurs dans le monde : « Comment, seulement en Algérie, cela pose un problème ? »
Sa consœur précise : c’est l’article 21 du règlement intérieur, ( issu de l’ère Raouraoua ) qui autorise la convention avec Concorde Voyages, et non l’article 13. « Sans irrégularité, jamais la Banque d’Algérie n’aurait autorisé les transferts. »
Les autres plaidoiries
- Amara : le cas Labdi est réglementaire ; 750 000 DA face à des managers de clubs payés le triple.
- Maître Kennan (Medgrante), pavé dans la mare : « C’est pas un dossier Adidas, c’est un dossier de معزة ولو طارت. »
- Sadi et Boukrouh (Debbichi) : rôle du secrétaire général ; factures Mali, Niger et stage (~65 000 € l’une), couvertes par l’article 21.
- Sebaa (Nekkache) : présent de 2017 au 15 juin 2021, il n’exécutait que le contrat, et son rapport de passation a été validé par la fédération, le commissaire aux comptes et le Trésor. « On le remet en cause 4 ans après, sur la base de quoi ? »
Verdict le 27 octobre
L’audience a été levée en soirée. Le tribunal a annoncé que le jugement sera rendu le 27 octobre 2026. Les prévenus, dont plusieurs sont sous mandat de dépôt depuis l’automne 2024, attendront encore huit jours.