Comment notre pays, qui a longtemps brillé sur la scène méditerranéenne par la qualité de ses représentants, peut-il aujourd’hui en être réduit à subir l’humiliation du vide et de l’incompétence ?
Une chute vertigineuse : d’Ammar Addadi à Abderrahmane Hammad
Pendant près de cinq mandats, Ammar Addadi a présidé le Conseil International des Jeux Méditerranéens (CIJM). Homme de dossiers, de réseaux et de crédibilité, il portait haut le nom de l’Algérie dans toutes les instances internationales. Il était écouté, respecté, craint même. L’Algérie pesait dans le bassin méditerranéen.
Aujourd’hui, que reste-t-il de cet héritage ?
Abderrahmane Hammad a pris le relais au sein du bureau exécutif du CIJM. Après seulement quatre ans de mandat, le constat est sans appel : il a perdu son siège. La raison officieuse, mais connue de tous les membres de l’instance, est aussi cruelle que simple : l’incompétence.
Durant ces quatre années, les observateurs et les partenaires internationaux ont constaté que le représentant algérien ne pouvait rien apporter. Pas une proposition, pas une intervention, pas une négociation. Incapable de prononcer un discours, de défendre un projet, de porter une voix. Pire encore : il est resté silencieux dans les moments où l’Algérie avait besoin d’être défendue.
Et ce silence, sur la scène internationale, a un nom : une humiliation.
Le COA : une descente aux enfers
Mais le problème ne s’arrête pas au CIJM. Il est systémique, et il touche le sommet de notre organisation sportive nationale.
Comment oublier Mohamed Salah Mentouri ? Lui qui a présidé le Comité Olympique Algérien avec dignité, compétence et vision. Un homme de terrain, un bâtisseur, un stratège qui a donné au sport algérien ses lettres de noblesse.
Puis vint Berraf. Puis, cerise sur le gâteau, Abderrahmane Hammad fut propulsé à la tête du COA. Le même Hammad que l’international a jugé incompétent. Le même Hammad qui a été écarté du bureau exécutif du CIJM pour inaptitude.
Et pourtant, chez nous, que fait-on ? On le récompense. On lui offre non seulement la présidence du Comité Olympique, mais on lui confie également le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Une politique de la médiocrité assumée ?
Face à ce constat, une question s’impose, lourde de sens : quelle est donc cette politique ?
Dans quel but nomme-t-on systématiquement des profils qui, partout ailleurs dans le monde, auraient été écartés depuis longtemps ? Pourquoi cet acharnement à placer des hommes sans légitimité ni compétence à la tête de secteurs aussi stratégiques que le sport, la jeunesse et l’image du pays ?
Est-ce un manque de cadres ? Non. L’Algérie regorge d’experts, de techniciens, d’anciens champions et de managers compétents qui ne demandent qu’à servir leur pays.
Est-ce un hasard ? Non plus. Le schéma se répète trop souvent, trop méthodiquement, pour relever de la simple coïncidence.
Alors, quel est le but ? Quelle est la finalité ?
Si ce n’est, au final, que de manquer de respect à nos cadres compétents – ceux qui ont construit ce secteur dans l’ombre, sans tambour ni trompette – et de nous humilier collectivement sur la scène internationale à chaque fois qu’un représentant algérien prend la parole (ou ne la prend pas) et ne pèse pas le poids de son pays.
Et la responsabilité politique dans tout cela ?
Ce soir, El Qabila ne se contente pas d’observer. Elle interpelle.
Y a-t-il quelqu’un de sensé au bout de cette pyramide politique ?
Du haut de El Mouradia, quelqu’un peut-il nous donner, ne serait-ce qu’un début d’explication, sur cette politique destructrice qui frappe le sport algérien ?
Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que le sport est aussi un enjeu politique. Mais justement : quel message envoie-t-on à la communauté internationale lorsque nos représentants sont systématiquement des profils sans envergure ? Quel message envoie-t-on à notre jeunesse lorsque l’incompétence est non seulement tolérée, mais récompensée ?
Les Algériens, eux, voient et comprennent. Ils savent reconnaître l’échec quand il est là. Ils savent mesurer l’écart entre ce qu’ils méritent et ce qu’on leur offre.
Un appel à la responsabilité
El Qabila lance un appel solennel.
Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Ministres, Conseillers, responsables de tous bords : entendez-vous ce cri ?
Ce n’est pas un cri de haine. C’est un cri d’amour pour un pays qui a tant donné et qui mérite mieux. C’est un cri de colère, certes, mais surtout de dignité blessée.
Le sport algérien ne mérite pas cette médiocrité.
La jeunesse algérienne ne mérite pas ces exemples de médiocrité.
L’Algérie, tout simplement, ne mérite pas cette humiliation.
Ce soir, El Qabila donne la parole au peuple
Parce que le sport algérien, ce n’est pas un luxe. C’est un miroir de notre société. C’est notre identité, notre fierté, notre visage dans le monde.
Et ce visage, aujourd’hui, est en train de s’effacer.
Y a-t-il encore quelqu’un pour le sauver ?
El Qabila veille. Et nous ne lâcherons rien.