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Jeux de Tarente : Le COA inscrit Khelif sur une liste qu’il ne peut pas justifier – et les tests de féminité, on en parle quand ?

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Le Comité Olympique Algérien (COA) a une fois de plus démontré son art consommé de la communication approximative. Lors de la récente conférence de presse animée par le président Abderrahmane Hammad et la cheffe de délégation, une annonce a particulièrement retenu l’attention : Imane Khelif serait inscrite sur la liste de la délégation pour les Jeux de Tarente, à charge pour elle de confirmer sa participation.

Jusqu’ici, rien d’anormal. Sauf que la réponse apportée à la question d’une journaliste a ouvert une boîte de Pandore que personne n’osait soulever.

Le problème de la « fameuse liste »

Tout le monde sait, dans le milieu sportif, que les listes de sélection sont proposées par les fédérations nationales. C’est la règle, le fonctionnement élémentaire de tout système olympique. Alors comment Imane Khelif s’est-elle retrouvée sur cette liste quand la Fédération algérienne de boxe n’a jamais géré son dossier ?

La question est simple. La réponse, elle, brille par son absence. M. Hammad n’a fourni aucune explication cohérente sur ce paradoxe administratif qui défie toute logique.

Le scénario des JO de Paris : une rengaine épuisée

Ce n’est pas la première fois que le COA utilise Imane Khelif comme variable d’ajustement médiatique. Souvenez-vous du scénario des Jeux Olympiques de Paris, où Hammad et Barbari avaient annoncé que la boxeuse était malade et qu’ils allaient « la soigner ». Un narratif repris en chœur par Berraf à certaines occasions, comme une rengaine bien rodée.

Mais derrière ces belles paroles, la réalité est tout autre.

Le vrai problème occulté

Aujourd’hui, Imane Khelif ne peut pas participer à une compétition internationale avant d’avoir satisfait aux tests de féminité exigés par les deux fédérations mondiales de boxe : l’IBA et World Boxing.

Ce détail, pourtant fondamental, est soigneusement passé sous silence lors de la conférence de presse. On préfère parler d’inscription sur une liste fantôme, de confirmation à venir, de délais – tout sauf du vrai problème.

Une mascarade pour éviter le sujet

Tout ce cinéma n’est qu’une vaste mascarade. Le COA, pris dans ses propres contradictions, utilise Imane Khelif comme un ballon de football diplomatique.

Hier : la championne dont il fallait absolument se montrer, afficher, photographier. Celle qui portait fièrement les couleurs de l’Algérie sur la scène internationale, et avec laquelle les officiels rivalisaient d’images de façade.

Aujourd’hui : une personne qu’il faut écarter du champ visuel, reléguer dans l’ombre, oublier. Comme si son parcours, ses victoires et son histoire ne méritaient plus d’être racontés.

Une cacophonie institutionnelle

Le COA, censé être le garant de l’éthique sportive et du respect des athlètes, semble pris dans une cacophonie qui frise l’amateurisme. Entre les déclarations contradictoires, les listes qui apparaissent sans explication, et les vrais problèmes soigneusement occultés, l’institution perd toute crédibilité.

Les athlètes, eux, paient le prix fort. Imane Khelif, comme d’autres avant elle, se retrouve prise dans un engrenage où les intérêts politiques et médiatiques priment sur son bien-être et sa carrière.

Un constat amer

Le dossier Imane Khelif n’est pas un cas isolé. C’est le symptôme d’un mal plus profond qui ronge le sport algérien : l’absence de transparence, la gestion opaque des dossiers sensibles, et l’utilisation des athlètes comme instruments de communication au gré des besoins politiques.

Pendant que les officiels rivalisent de déclarations creuses, la championne algérienne, elle, attend. Elle attend que les instances sportives internationales se prononcent. Mais surtout, elle attend qu’on cesse de jouer avec sa carrière comme avec un pion sur un échiquier médiatique.

Questions sans réponses

  • Comment Imane Khelif s’est-elle retrouvée sur la liste du COA sans l’aval de sa fédération ?
  • Pourquoi les tests de féminité exigés par l’IBA et World Boxing ne sont-ils jamais mentionnés publiquement ?
  • Pourquoi ce traitement à deux vitesses : championne vedette hier, personne à écarter aujourd’hui ?
  • Où est passée la responsabilité du COA dans la protection de ses athlètes ?

Le COA doit des réponses. Aux athlètes. Aux supporters. À l’opinion publique.

Imane Khelif, elle, mérite mieux que cette mascarade.