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Pitkovic touche 12 mois sans broncher, un entraîneur algérien touche 12 mois de mépris : qui paie vraiment la note ?

by admin

L’Algérie ne manque pas de compétences. Chaque année, des spécialistes du football sortent des instituts nationaux après 3 000 à 5 000 heures de formation. Ils sont titulaires de diplômes d’État supérieurs, reconnus académiquement, mais étrangement ignorés par la Fédération Algérienne de Football (FAF).

Pourquoi ? Parce que la FAF impose désormais la licence CAF Pro comme passeport obligatoire pour entraîner au plus haut niveau. Un impératif qui, en soi, n’est pas illégitime sur le plan technique, mais dont le mode d’accès interpelle : ce diplôme n’est pas une mise à niveau, c’est un ticket d’entrée payant dont le prix avoisine les 2 millions de dinars.

Un montant exorbitant pour la plupart des cadres nationaux, d’autant plus paradoxal quand on sait que ce « CAF Pro » est, selon plusieurs observateurs, d’un niveau inférieur à celui des diplômes d’État délivrés par l’Algérie. Résultat : les compétences formées sur place sont mises hors circuit, tandis qu’un système parallèle, onéreux et élitiste, devient la seule voie d’accès aux postes clés.

Une gestion à deux vitesses : commissions fantoches et décisions occultes

Le dernier épisode en date — le feuilleton de la succession du sélectionneur national — illustre parfaitement ce malaise. Pendant que les rumeurs enflent et que les noms d’entraîneurs étrangers s’étalent dans les médias, on désigne des commissions officielles qui, en réalité, n’ont aucun pouvoir. Leur rôle ? Faire illusion, détourner l’attention du public, pendant que les vraies décisions se prennent bien loin de la FAF, dans des cercles décisionnels opaques.

Et dans cette course aux signatures prestigieuses, aucun nom local n’est jamais sérieusement évoqué. Est-ce à dire que l’Algérie est dépourvue de techniciens capables de mener l’équipe nationale ? Bien sûr que non.

C’est tout le contraire : notre système sportif, autrefois reconnu à l’étranger, est aujourd’hui banni de l’intérieur par une logique de défiance systématique envers ses propres fils. Le message est clair : la compétence locale ne pèse rien face à la carte de visite étrangère.

La « formule magique » étrangère, une fuite en avant

Ce comportement n’est pas isolé. Il gangrène plusieurs fédérations sportives en Algérie. Dès qu’une gestion est défaillante, incompétente ou marquée par l’échec, la solution de facilité est toujours la même : recruter un technicien étranger, comme un talisman censé effacer les carences structurelles.

Mais cette stratégie est un aveu d’échec. Elle occulte les vrais problèmes : la mauvaise gouvernance, le manque de vision et la marginalisation des compétences locales. On importe des solutions à prix d’or, pendant qu’on laisse pourrir le vivier national.

El Qabila interpelle les entraîneurs : debout, unissez-vous !

Face à cette situation, El Qabila lance un appel vibrant à tous les entraîneurs algériens, en particulier ceux du football :

Assez de passivité ! Il est temps de s’organiser, de se structurer et de faire bloc.

Les entraîneurs doivent cesser d’être les variables d’ajustement d’un système qui les méprise. Ils doivent imposer une voix collective forte, exiger la reconnaissance de leurs diplômes et la transparence dans les processus de nomination.

La balle est aussi dans le camp des autorités : oser enfin faire confiance aux compétences nationales, remettre en cause le fonctionnement des instances sportives, et écarter les responsables incompétents qui freinent l’émergence d’un football algérien, géré par des Algériens.

Conclusion : L’intelligence collective contre la dépendance étrangère

Le football algérien ne se sauvera pas avec des commissions fantoches, des sésames payants et des solutions importées. Il se sauvera avec ses cadres, ses entraîneurs et son propre génie collectif.

El Qabila le dit haut et fort : la sauce algérienne ne peut être réussie que par des Algériens, dans un système sportif algérien digne de ce nom. Il est temps de briser le cercle vicieux de la défiance et de redonner aux entraîneurs locaux la place qu’ils méritent.

Car si l’Algérie sait former des champions, elle sait aussi forger des entraîneurs. Il ne manque qu’une chose : la volonté d’y croire.