Le décor
Une salle de réunion aseptisée, des chaises en rang, des dossiers vierges sur la table. D’un côté, le ministère des Sports. De l’autre, le Comité Olympique Algérien (COA). En apparence, une réunion de coordination. En réalité, une farce jouée par des acteurs qui ont oublié leur texte.
Les protagonistes
Au centre de cette mascarade, deux hommes incarnent le summum de l’incompétence : les secrétaires généraux du ministère et du COA. Eux qui devraient être les moteurs de l’organisation, ils en sont les freins les plus éclatants. Leur seul talent ? Une capacité phénoménale à transformer une réunion de travail en spectacle de café-théâtre.
Le vrai travail ailleurs
Pendant qu’ils s’agiter dans le vide, l’essentiel s’est fait sans eux. Le volet organisationnel, celui qui compte vraiment, a été pris en charge par le comité olympique à travers de véritables réunions de travail, sous la responsabilité de la cheffe de mission. Elle, au moins, a compris que le sport ne se gère pas à coups de déclarations creuses et de postures politiciennes.
L’intrus de service
Et voilà que surgit Kheireddine Barbari, un énième intrus du mouvement sportif, présenté par le secrétaire général comme un « éventuel candidat ». Ce personnage, entré à la fédération par une manipulation qui fleure bon l’arrangement douteux, fait aujourd’hui la pluie et le beau temps du mouvement olympique. Son dernier fait d’armes ? Exclure un colonel, entraîneur de la championne de tir Houda Chaabi, sans preuve, sur une simple accusation. Le motif réel de cette sanction ? Le colonel Ziane a eu le tort d’être témoin de l’exclusion d’Ammar Benyekhlef et Fethi Nourine durant les Jeux de Tokyo. Une purge déguisée, un règlement de comptes à l’ombre des gradins.
Une scène de théâtre absurde
Ce jour-là, les participants ont assisté à une véritable scène théâtrale, un étalage magistral de la non-maîtrise du sujet. À un moment, on demande aux responsables d' »éviter les Béni Zergoune », avant qu’un présent ne corrige, gêné : « Ils ne participent pas aux JM. » La méconnaissance des acteurs du paysage sportif atteint ici son paroxysme.
Mais le clou du spectacle survient lorsque le secrétaire général du ministère annonce, devant l’assistance médusée, qu’il entretient une « relation intime » avec son homologue du COA. Message ambigu, déplacé, incompréhensible. Que cherche-t-il à faire passer ? Une complicité ? Une soumission ? Une plaisanterie de mauvais goût ? Nul ne sait.
Le non-sens financier
Vient ensuite la question cruciale : le financement des athlètes. Le secrétaire général s’excuse platement : pas de subventions cette année. Son alternative ? Un prêt… par le COA. Autrement dit, le représentant du ministère, qui n’a pas été capable de monter le dossier de financement à temps, bloque par sa carence l’activité de toutes les fédérations, et ose organiser une réunion de « coordination » pour parler des « moyens mis à disposition » des athlètes… sans jamais les nommer.
Conclusion provisoire
Un vrai film de fiction à deux balles, au scénario digne d’enfants de 6 ans. On nous promettait du sport de haut niveau, on a eu du n’importe quoi institutionnel. La préparation des athlètes ? Sacrifiée. La transparence ? Absente. La compétence ? En exil.
Il faudra en reparler. Pendant les Jeux. Après les Jeux. Pour que ces incompétences ne restent pas impunies, et que l’Algérie, celle qui vibre pour ses champions, ne soit pas réduite à ce triste spectacle.
J’ai mal à mon Algérie.