La question mérite d’être posée : pourquoi l’opération du million de moutons a-t-elle abouti à un scandale judiciaire retentissant, avec de nombreuses personnes et responsables poursuivis et incarcérés, alors que la même affaire, une année auparavant, s’est déroulée dans un silence total, sans aucune conséquence judiciaire ?
Les méthodes sont-elles différentes ?
La première opération s’est faite dans l’ombre, sans contrôle, sans traçabilité, sans que personne ne pose de questions. Les moutons sont passés, les subventions ont été perçues, et tout le monde a fait comme si de rien n’était. La seconde opération, en revanche, a été scrutée, dénoncée, et finalement poursuivie. Mais pourquoi ce changement soudain ? Est-ce parce que les méthodes étaient plus grossières ? Ou simplement parce que, cette fois-ci, quelqu’un a décidé de regarder ?
Le rapport entre les moutons, la politique et le sport
Les moutons, dans cette affaire, ne sont pas que des animaux. Ils sont devenus un symbole de l’argent public détourné, des subventions agricoles qui disparaissent dans les poches d’intermédiaires, des marchés truqués et des complicités administratives. Mais curieusement, ce lien entre les « moutons » et le monde politique et sportif apparaît ici de manière troublante. Car si l’on regarde du côté du club d’El Harrach, on trouve la même mécanique : des espoirs anéantis, des promesses trahies, et des responsables qui, eux, n’ont jamais été inquiétés.
Les entourloupes et l’implication des médias
Comment expliquer que certains, qui ont activement participé à la destruction du club d’El Harrach, n’aient jamais été inquiétés ? Des personnages connus du monde des médias et de la communication, qui ont couvert, orienté ou étouffé le scandale, sont restés en dehors de toute poursuite. Leur rôle a pourtant été central : ils ont façonné le récit, protégé les uns, désigné les autres. Ils ont transformé un scandale sportif en simple polémique, et une affaire de corruption en anecdote.
Doit-on comprendre qu’ils sont meilleurs gestionnaires ?
Non. Ils ne sont pas meilleurs gestionnaires. Ils sont simplement mieux protégés. Là où les responsables de l’affaire des moutons ont été livrés à la justice, ceux du monde politico-médiatique ont bénéficié d’un bouclier invisible : celui des réseaux, des appuis, et de la maîtrise de l’information. Ils n’ont pas détourné des subventions agricoles, ils ont détourné la vérité. Et la vérité, en Algérie, est souvent plus difficile à poursuivre qu’un million de moutons.