Pendant que les projecteurs sont braqués sur le cirque footballistique du moment, une autre comédie, tout aussi pathétique, se joue dans l’ombre. Mais cette fois, elle ne concerne pas un ballon.
Elle concerne l’honneur d’un sport, le judo, et la crédibilité de ses instances. Regardez ce qui vient de se passer lors de l’Assemblée Générale élective de la Fédération, après la démission (disons les choses clairement : la démission forcée ) de Sellini.
Ce n’est pas une élection, c’est un hold-up. Une cascade d’irrégularités a été constatée, et personne ne bronche. Faisons un inventaire, sans fard :
- Du trafic d’influence en plein jour.
- Des candidats sous le coup de poursuites judiciaires.
- D’autres qui n’ont même pas pris la peine de présenter leur bilan.
- Un candidat démissionnaire, qui jette l’éponge (mais dont la voix pèse encore dans les coulisses).
Et au bout du compte, un président élu qui sort de nulle part, inconnu au bataillon, mais soudainement auréolé d’un titre de 3e dan (offert sur un plateau par les amis de Meridja).
Et qui est Meridja ? Un homme qui siège au bureau de la Fédération Africaine et de la Fédération Internationale de Judo. Un parrain, en somme. Le genre d’homme qui place ses pions sans jamais salir ses mains.
Tout cela se déroule au vu et au su du ministère des Sports.
Mais le ministère est trop occupé, trop embourbé dans les affaires du football pour s’occuper du reste. Et pendant que les projecteurs sont fixés sur les stades, qui tient la barre ? Le secrétaire général du ministère. Un homme qui, avouons-le, n’a absolument aucun lien avec le sport, aucune connaissance du terrain, aucune légitimité. Il gère par intérim un secteur qu’il ne comprend pas, pendant que les prédateurs, eux, comprennent parfaitement comment profiter du vide.
Alors posons la question franchement : jusqu’où ira cette mascarade ? Le sport national est-il devenu une succursale du copinage, un refuge pour ambitieux sans scrupules, un terrain de jeu pour ceux qui confondent intérêt général et intérêts personnels ? Le football est le rideau de fumée parfait. Mais derrière, c’est tout l’édifice qui s’effondre. Judo, football, et demain quoi ? Le ministère ferait bien de lever la tête des terrains, avant que la crédibilité du sport tout entier ne soit définitivement piétinée.