
La défaite de l’équipe d’Algérie face à la Suisse n’est pas un simple accident de parcours. C’est l’énième épisode d’une équipe sans âme, sans tactique, livrée à elle-même sur le terrain. Mais poser la question des responsabilités uniquement sur les joueurs ou le sélectionneur, c’est passer à côté de l’essentiel. La vraie responsabilité se situe bien plus haut, au sommet de l’État.
Des choix politiques aux conséquences désastreuses
Depuis des années, les gouvernements successifs ont fait le choix de placer à la tête des instances sportives des profils sans compétence ni vision. Pire, on a vu des ministres sans niveau d’instruction ni expérience nommés pour gérer un secteur aussi sensible que la jeunesse et les sports. Le résultat est là : aucune politique sportive d’envergure n’a vu le jour, aucune stratégie claire n’a été imposée. Le sport, et le football en particulier, ont été gérés comme un souk illégal, où l’argent coulait à flot pour les alliés et les copains, et où les détournements et la mauvaise gestion sont devenus la règle.
Des alertes ignorées, des voyous honorés à El Mouradia
Pendant que des compétences étaient écartées par des subterfuges, y compris judiciaires, une poignée de lanceurs d’alerte dénonçaient les faux diplômes, les détournements, la gabegie. Leur seul résultat ? Voir les voyous qu’ils dénonçaient être reçus et honorés à El Mouradia, à plusieurs reprises . Les alertes sont restées lettre morte, et ceux qui auraient dû être écartés ont continué à prospérer.
Walid Sadi, une victime du système ?
Dans ce contexte, le président de la Fédération algérienne de football et ministre des Sports, Walid Sadi, apparaît moins comme un coupable que comme une victime du système . Nommé à la tête de la FAF en septembre 2023, puis ministre en novembre 2024. Certes, sa nomination à la tête de la FAF a été entachée de controverses, notamment sur la conformité de son dossier, mais peut-on lui reprocher de ne pas réussir là où les politiques ont échoué depuis des décennies ? Le problème est structurel, et il dépasse de loin le seul Walid Sadi.
L’ultime responsabilité : le président et ses gouvernements
Aujourd’hui, il faut dire les choses clairement. Le vrai responsable, c’est le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et ses gouvernements successifs . C’est le chef de l’État qui a cautionné et placé ces personnes à la tête des instances sportives, qui a désigné des ministres sans compétence, qui a fermé les yeux sur la gestion mafieuse du secteur. C’est lui et ses conseillers qui doivent rendre des comptes et expliquer au peuple algérien quelle était leur politique et leur stratégie pour le sport, avec ses tenants et ses aboutissants .
L’échec de l’équipe nationale n’est pas un accident, c’est le symptôme d’un mal profond : l’absence d’une véritable politique sportive, la corruption généralisée et l’incompétence des dirigeants. Tant que ces maux ne seront pas traités à la racine, les défaites et les désillusions continueront de s’accumuler.
Il est temps que la lumière soit faite sur ces années de gabegie, et que les vrais responsables, au sommet de l’État, assument enfin leurs actes.