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Mort de tristesse : Mohamed Zerrouki, l’homme qui a donné sa vie à un enfant qui l’a effacé.

by admin

Mes hommages les plus profonds à Mohamed Zerrouki, un éducateur et un entraîneur d’exception. Son histoire est celle d’un homme qui a consacré sa vie au sport et à la transmission, avant d’être brisé par l’ingratitude.

Une Vie de Dévouement et de Transmission
Mohamed Zerrouki était bien plus qu’un entraîneur ; il était un bâtisseur. En tant que cadre émérite et professeur de haut niveau en athlétisme, il a consacré sa vie au sport et à ses valeurs. Sa plus grande fierté fut sans doute d’avoir été l’artisan de l’exploit d’Abderrahmane Hammad, cette médaille de bronze olympique dans une discipline qui n’était pas la spécialité de l’Afrique du Nord. Derrière cette médaille, il y avait des années de travail, de sacrifices et un investissement humain total.

Son dévouement allait bien au-delà du simple entraînement sportif. Son geste le plus noble fut de recueillir un jeune Hammad, un adolescent abandonné par son père, vivant avec sa grand-mère et vendant des cigarettes dans la rue pour survivre. Mohamed Zerrouki ne lui a pas seulement offert un entraînement ; il lui a offert un foyer. Il l’a accueilli chez lui, l’a nourri, l’a éduqué et l’a traité comme son propre fils, Fouad, partageant avec lui le quotidien de sa famille pendant des années. Cet acte d’humanité et de générosité est le marqueur d’un homme d’exception.

L’Ingratitude et la Trahison d’un Fils Spirituel
Le drame de la vie de Mohamed Zerrouki est que tout ce qu’il a construit a été détruit par celui qu’il avait sauvé. La reconnaissance de l’État a offert à Abderrahmane Hammad un diplôme d’éducateur et un poste budgétaire lui permettant de toucher un salaire sans travailler, une faveur qui l’a propulsé, par la filouterie, jusqu’à la présidence du Comité olympique algérien puis au poste de ministre.

Le parcours de Hammad n’a pas été marqué par la gratitude, mais par la volonté de régler ses comptes. L’une de ses premières actions fut d’écarter de toutes les activités sportives son ancien bienfaiteur, Mohamed Zerrouki. Le geste le plus cruel et le plus personnel fut de retirer son fils, Fouad Zerrouki, de la liste des candidats au diplôme d’éducateur. C’était une profanation de la mémoire d’une famille qui l’avait accueilli, une ingratitude absolue qui a brisé le cœur de celui qui l’avait élevé comme son propre enfant.

Une Mort de Tristesse
Touché dans sa chair, trahi par celui qui était devenu son fils spirituel, Mohamed Zerrouki a vécu ses dernières années dans le stress, la dépression, une immense déception et une profonde incompréhension. Cet homme qui respirait le sport, le terrain et la compétition, s’est retrouvé inactif, mis à l’écart par la main de celui qu’il avait sorti de la rue.

La mort de Mohamed Zerrouki est une tragédie, une « mort de tristesse » causée par la cruauté et l’insensibilité d’un ancien protégé. Nous ne pleurons pas seulement un grand entraîneur, mais un homme de cœur, un père pour ceux qui n’en avaient pas, dont l’âme généreuse a été brisée par l’ingratitude.

Son nom restera à jamais associé à l’une des plus belles pages du sport algérien, mais aussi à une terrible leçon : la valeur de la gratitude et le prix de la trahison. Que son âme repose en paix.