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Le sport algérien à la croisée des chemins.

by admin

Le sport algérien, autrefois fier reflet de l’identité nationale et de la résilience d’un peuple, se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire. Il est à la croisée des chemins : d’un côté, un effondrement programmé, de l’autre, une prise de conscience salvatrice portée par une jeunesse éveillée.

Car tous les ingrédients sont réunis pour la destruction du capital le plus précieux du pays : sa jeunesse. Manipulation des compétitions, détournements de fonds publics, exclusion systématique des cadres compétents, absence criante de vision stratégique, et inexistence d’une véritable politique sportive nationale. Le tout enjolivé, maquillé, par une armée d’incompétents qui occupent les postes clés sans jamais en assumer les responsabilités.

Pendant des années, le secteur a été poussé vers une normalisation sournoise, vidé de sa substance, dépouillé de ses valeurs. Les responsables actuels ne sont que des pantins, dociles exécutants de stratèges dont les intentions ne sont ni bénéfiques ni patriotiques. Pire encore, l’esprit d’El Manita – que l’on croyait révolu – s’est non seulement maintenu, mais renforcé, s’infiltrant jusqu’aux instances souveraines de l’État.

Nous avons dénoncé. Nous avons alerté. Nous avons informé les services de sécurité. En vain. Aujourd’hui, face à l’ampleur des dégâts, chacun devra prendre ses responsabilités, devant Dieu et devant le peuple algérien.

Il est temps d’écouter les cris et les appels du peuple. Même la farce Pitkovic ne passe plus, puisque la population appelle à un changement de toute l’instance footballistique et à une réforme radicale de tout le secteur des sports. Ces voix ne sont plus des murmures isolés, mais un grondement populaire qui traverse toutes les strates de la société. Le peuple a compris, avant les dirigeants, que le sport n’est pas un divertissement, mais un enjeu de souveraineté et d’avenir.

Mais rien n’est éternel.

Une des figures d’El Manita est partie, certes, mais l’esprit demeure, plus toxique que jamais. Cette situation, si elle persiste, conduira le pays à une détérioration irréversible. L’échec de notre système sportif est visible à l’œil nu : il se lit dans le regard de milliers de jeunes qui, avec leur propre pécule, risquent leur vie dans une traversée mortelle, rien que pour espérer respirer un autre air que celui imposé par les leurs.

Pourtant, une lueur persiste.

Grâce aux réseaux sociaux, une jeunesse nouvelle émerge. Une jeunesse consciente des enjeux géopolitiques, affranchie des discours convenus, capable de déconstruire les mensonges et de démasquer les impostures. Cette jeunesse-là est la seule à pouvoir sauver ce précieux capital humain. Elle est notre dernier rempart.

Nous faisons encore appel aux bonnes âmes – car elles existent, heureusement, à tous les niveaux de la société – pour aider notre jeunesse à s’en sortir. Pour un avenir meilleur. Pour une meilleure exploitation de nos richesses. Pour une justice sociale enfin restaurée.

Le sport algérien est à la croisée des chemins. Le choix appartient à tous. Mais le temps, lui, ne nous attend pas.


EL QABILA – La voix de ceux qui refusent le silence.