L’organisation de seulement 13 matchs de la Coupe du monde au Canada devrait coûter aux contribuables entre 1 et 2 milliards de dollars, selon une enquête de Radio-Canada. Les documents obtenus par la Loi sur l’accès à l’information révèlent des ententes confidentielles imposées par la FIFA, qualifiées d’« aberrantes » par plusieurs sources.
Des exigences draconiennes
La FIFA a imposé aux villes hôtes des conditions strictes :
- réservation exclusive des stades et des sites festifs pendant plusieurs mois ;
- interdiction d’autres événements sportifs ou culturels majeurs (concerts, festivals) avant, pendant et après la compétition, sauf approbation de la FIFA ;
- rénovations coûteuses des infrastructures (toit ouvrant, pelouse naturelle, ascenseurs VIP).
Ces exigences ont conduit Montréal et Chicago à retirer leur candidature. L’ex-ministre québécoise Caroline Proulx qualifie les demandes de « ridicules » et « inadmissibles ».
Des avantages fiscaux massifs et secrets
La FIFA a obtenu du gouvernement fédéral une exonération fiscale totale pour une décennie (2018-2028), ainsi que des avantages pour ses partenaires et diffuseurs. Le montant de ce « manque à gagner » reste secret, mais des experts l’estiment à plusieurs dizaines de millions de dollars.
Des budgets qui explosent
- Toronto : budget initial annoncé à 30-45 millions, désormais évalué à 380 millions.
- Vancouver : la facture pourrait atteindre 624 millions pour 7 matchs.
- Ottawa verse une compensation de 220 millions aux deux villes, mais les coûts réels restent flous.
Sécurité et manque de transparence
Le fédéral assume l’intégralité des coûts de sécurité, dont le montant n’a pas été rendu public. Un audit à Toronto a levé un « drapeau rouge » et le conseiller municipal Josh Matlow dénonce un « chèque en blanc » et « la pire entente » jamais signée.
Un constat amer
Les sources interrogées pointent l’absence de marge de négociation face à la FIFA : « Si tu ne le fais pas, tu n’as pas de matchs ». Plusieurs élus réclament une enquête sur les coûts réels. La FIFA justifie ses exigences par la nécessité de protéger ses marques et de maximiser ses revenus pour le développement du football.
En résumé : le Canada paie un prix exorbitant pour accueillir une poignée de matchs, dans des conditions jugées opaques et financièrement désavantageuses pour les contribuables.