Mustapha Berraf: Le « Abi-Cheitane Algerien »
Mustapha Berraf, le donneur de leçons qui s’emmêle dans ses propres filets
Mustapha Berraf, l’homme qui aime donner des leçons à tout le monde, n’en finit plus de multiplier les boulettes, tant sur la scène nationale qu’internationale. Sa dernière sortie médiatique à Alger face à la presse en est l’illustration parfaite : une intervention sans but précis, juste pour exister, juste pour occuper le terrain. Et comme souvent, il a encore fait des siennes.
Imane Khelif et les « problèmes physiologiques »
Première bourde : en évoquant le cas d’Imane Khelif, la boxeuse algérienne qui a fait la fierté du pays, Berraf a lâché une information aussi floue que maladroite. Selon lui, la championne aurait « quelques problèmes physiologiques qui se résorberont très bientôt ». Une déclaration qui en dit long sans rien expliquer, et qui jette un voile d’ambiguïté.
Le stade de Tamanrasset : un lapin sorti du chapeau
Mais le morceau de bravoure de cette conférence restera sans doute l’évocation du projet de stade à Tamanrasset. Là, Berraf a sorti un vieux lapin du chapeau en mélangeant allégrement deux projets distincts : d’un côté le programme FIFA, de l’autre le projet Olympafrica, dont il est pourtant censé maîtriser les contours en tant que président de l’ACNOA.
Ce qu’il a omis de rappeler, c’est que ce projet de complexe sportif dans le Sud avait déjà été initié par lui-même et l’ACNOA. Et qu’il l’avait tout simplement annulé, sans jamais donner la moindre explication. Résultat des courses : le complexe a bel et bien vu le jour, mais aux frais de l’État algérien.
Infantino en Algérie : le grand numéro d’équilibriste
Toujours dans la même veine, Berraf a évoqué la venue très attendue de Gianni Infantino, le président de la FIFA, en Algérie. Mais là encore, la condition posée a fait tiquer : selon lui, Infantino viendrait si le président de la République lui accorde une audience. Une déclaration pour le moins surprenante, quand on sait que le président de la FIFA a toute latitude pour se rendre où il le souhaite, et que son interlocuteur naturel en Algérie est la Fédération Algérienne de Football, pas la présidence de la République .
Cette condition, jamais exigée ailleurs, interroge. Surtout quand on se souvient que ces mêmes personnes ont tout fait, durant le mandat de Kheireddine Zetchi à la tête de la FAF, pour saboter une visite d’Infantino en Algérie. Les mêmes qui aujourd’hui gesticulent pour attirer le patron du football mondial étaient hier ceux qui lui fermaient la porte. La mémoire courte a parfois du bon.
La citoyenneté des autres, jamais la sienne
Pour finir en apothéose, le « abi-cheitane algérien » s’est fendu d’une tirade sur la citoyenneté de ses détracteurs, appelant même la justice à se saisir de leurs cas. Une posture morale impressionnante, si elle ne venait pas de quelqu’un qui semble avoir oublié ses propres déboires internationaux.
Car pendant qu’il donne des leçons de patriotisme et de vertu, Berraf reste sous le coup d’accusations extrêmement graves : des affaires de harcèlement sexuel au Nigeria, dont il n’a jamais vraiment répondu. Et selon plusieurs sources, une autre plainte pour les mêmes motifs serait sur le point d’être dévoilée en France. Mais de cela, pas un mot. La citoyenneté des autres, oui. Ses propres affaires, silence radio.
Mustapha Berraf est décidément un homme aux multiples facettes. Donneur de leçons, grand ordonnateur de projets qu’il annule puis fait financer par l’État, spécialiste des invitations conditionnées et des oublis stratégiques. En attendant qu’il s’explique vraiment sur ce qu’il a fait, sur ce qu’il n’a pas fait, et surtout sur ce qu’on lui reproche, ses sorties médiatiques ressemblent chaque fois un peu plus à des numéros de funambule. Sur un fil de plus en plus mince.