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Hors-jeu politique : Le Secrétaire Général des Sports s’aventure sur le terrain miné de la communication en encensant des journalistes contestés.

by admin

La rencontre entre le Secrétaire Général du ministère des Sports et l’Association des Journalistes Sportifs, à l’occasion de leur tournoi annuel de football en salle, a pris une tournure pour le moins inattendue.

En marge de cet événement sportif, le Secrétaire Général n’a pas tari d’éloges, qualifiant les membres de l’association de « professionnels » et réaffirmant la détermination du ministère à « les aider » et à « contribuer à la promotion du mouvement sportif ». Une déclaration en apparence anodine, mais qui prend des allures de provocation lorsqu’on la replace dans le contexte plus large de la politique gouvernementale en matière de presse.

Car pendant que le Secrétaire Général des Sports chantait les louanges de ces journalistes, un tout autre son de cloche provenait de la tutelle naturelle de la profession. Les ministres qui se sont succédé à la tête du ministère de la Communication n’ont eu de cesse de dénoncer les dérives de cette même corporation. Manque de professionnalisme, travail bâclé, voire danger pour l’espace public : le réquisitoire est sévère et contraste radicalement avec le satisfecit décerné par le responsable des Sports.

Cette situation soulève une question légitime : le Secrétaire Général des Sports mesure-t-il pleinement la portée de ses paroles ? En offrant un blanc-seing à une association dont les méthodes sont ouvertement critiquées au plus haut niveau de l’État, ne sort-il pas dangereusement de son pré carré ? L’octroi d’un bureau permanent et la mise à disposition d’une salle pour un tournoi relèvent assurément de ses prérogatives. Mais livrer une appréciation aussi tranchée sur le professionnalisme d’une corporation que le gouvernement lui-même accuse de « mal faire son travail » relève soit d’une méconnaissance regrettable des positions de ses collègues, soit d’une prise de position politique pour le moins risquée.

À vouloir marquer son soutien au mouvement sportif, le Secrétaire Général a peut-être oublié que les journalistes, même sportifs, sont aussi les premiers concernés par les critiques acerbes de ses homologues chargés de la Communication. Un grand écart rhétorique qui ne manquera pas de faire grincer quelques dents dans les couloirs des ministères.