Ah, la noble gestion du sport national, On ne peut que s’incliner devant le chef-d’œuvre d’absurdité et de médiocrité qui nous est offert. C’est un spectacle bien plus captivant que n’importe quelle finale, je vous l’assure. Imaginez un royaume. Un royaume où la couronne n’est pas portée par les athlètes aux muscles d’acier ou les entraîneurs aux stratégies géniales, mais par une armée de scribouillards, de comptables myopes et d’arrivistes dont la seule performance notable est de réussir à caser un cousin, un ami dans une des instances sportives. Ici, la vision à long terme se résume à la date de la prochaine réunion, et la politique sportive est un document si visionnaire qu’on l’a sans doute égaré dans un tiroir, avec le café renversé du stagiaire. La gestion des dossiers ? Un art performance. C’est le « foutoir » élevé au rang de discipline olympique. Les dossiers courent en tous sens, se perdent, se retrouvent pour évènement, puis se reperdent dans les méandres kafkaïens d’une administration dont la lenteur ferait passer un escargot sédentaire pour un sprinter. Les résultats ? Ah, on en parle, Ils sont si discrets qu’on les soupçonnerait presque d’être en grève. Ils se cachent, honteux, derrière des communiqués de presse alambiqués célébrant la « dynamique positive » d’une défaite 10-0. Et que sont devenues nos lumières, nos vrais passionnés, ces cerveaux qui savaient comment bâtir un champion ? Marginalisés, mon cher, Étouffés, Mis à l’écart avec la délicatesse d’un rouleau compresseur. On leur a préféré une joyeuse bande d’intrus, d’attardés dont le seul lien avec le sport est de savoir enfiler une paire de chaussures de ville pour se rendre à un déjeuner d’affaires. Leur talent ? Une capacité remarquable à transformer l’or des subventions en plomb des factures de restaurant et en projets pharaoniques qui s’effondrent comme des châteaux de sable. Bien sûr, il y a ces inévitables « affaires ». Corruption, trafic d’influence, détournement… C’est la petite touche glamour, le pailleté sur le tas de fumier. Cela ajoute un parfum de scandale qui distrait agréablement de l’odeur nauséabonde de l’incompétence généralisée. Mais le véritable numéro d’anthologie, le clou de ce cirque déglingué, c’est l’inaction béate, quasi mystique, des pouvoirs publics. Ils regardent le navire sombrer, le sourire aux lèvres, en commentant : « Tout va bien, la coque est encore hors de l’eau. » Ils ne voient pas la catastrophe arriver ? Ils sont comme ces personnages de dessin animé qui marchent dans le vide et ne tombent que lorsqu’ils réalisent qu’il n’y a plus de sol sous leurs pieds. Nous, en bas, on hurle. On voit le mur, immense, décrépi et couvert de graffis administratifs, se rapprocher à une vitesse grand V. Eux, ils ajustent leur cravate et parlent de « dialogue social » et de « feuilles de route ». Il ne nous reste donc que l’humour, cette arme des désarmés. Rions, rions de cette mascarade, de cette lente et joyeuse descente aux enfers. Applaudissons la médiocrité triomphante, car c’est le seul spectacle pour lequel nous aurons, à coup sûr, des billets gratuits jusqu’à la faillite finale. Bravo, messieurs-dames les gestionnaires, Votre performance en matière de naufrage est véritablement… olympique
Quand les Aveugles Mènent les Myopes au Bord du Précipice.
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