Il y a des hommes qui portent une nation sur leurs épaules sans jamais fléchir. Des hommes qui, dans l’ombre ou sous les projecteurs, œuvrent pour que leur pays brille. Kheireddine Zetchi est de ceux-là.
Ce 19 juillet 2019, lorsque Riyad Mahrez soulevait la Coupe d’Afrique des Nations au Caire, l’Algérie tout entière pleurait de joie. Derrière cette deuxième étoile cousue sur notre maillot, il y avait lui. Il y avait sa vision, son engagement, sa rigueur. Il y avait cet homme qui avait relevé un défi que beaucoup disaient impossible : ramener la CAN en terre algérienne après trois décennies de disette.
Kheireddine Zetchi n’a pas seulement dirigé une fédération. Il a bâti, structuré, modernisé. Il a mis son cœur, son temps et ses moyens au service de ce football qui fait battre le nôtre. Il a cru en des jeunes, en un staff, en un projet. Et ce projet nous a offert des nuits de liesse, des larmes de bonheur, des souvenirs impérissables.
Mais voilà. Le même pays qui l’acclamait semble aujourd’hui l’avoir oublié.
Aujourd’hui, cet artisan de la gloire nationale côtoie les barreaux de Koléa. Aujourd’hui, celui qui nous a donné des raisons d’être fiers fait face à des accusations qui, pour beaucoup, portent les stigmates d’un combat bien moins noble que celui qu’il a mené sur les terrains : celui des intérêts claniques, des règlements de comptes, de l’ingratitude nationale.
Au nom de La Qabila, nous te demandons pardon.
Pardon de n’avoir pas eu le courage de hurler plus fort contre ton incarcération que nous savons injuste. Pardon de ne pas avoir eu ce cran qui aurait dû nous pousser à dire non à l’injustice, par peur ou par résignation.
Pardon, en tant qu’Algériens, de ne pas pouvoir te soutenir plus.
Pardon, comme nation, de n’avoir pas su exploiter tes connaissances, ton expérience, ta passion. Tu avais tant à donner encore, et nous t’avons laissé tomber.
Pardon, en tant qu’Algérie, de t’avoir sacrifié.
Sacrifié sur l’autel de guerres qui ne sont pas les tiennes. Sacrifié parce que tu as dérangé, parce que tu as réussi, parce que tu n’as pas plié. Des intérêts claniques, des appétits voraces ont eu raison de celui qui méritait reconnaissance et respect.
Pardon, en tant que collègues, de t’avoir laissé te battre seul.
Seul contre les voyous de la politique et des affaires. Seul contre ceux qui n’ont jamais mis les mains dans le cambouis du football mais qui savent si bien tendre les mains pour en cueillir les fruits.
Pardon. Pardon. Pardon.
Nous te devons tant, et nous t’offrons si peu.
Puisse ce message traverser les murs de la prison de Koléa et te rappeler que ton combat n’a pas été vain. Puisse-t-il te dire que nous n’avons pas oublié. Que la deuxième étoile brille toujours dans nos cœurs, et que celui qui nous l’a offerte mérite mieux que l’ombre froide d’une prison.
L’histoire retiendra que tu as donné à l’Algérie ses plus beaux jours de football. Et peut-être, un jour, l’Algérie te rendra ce que tu mérites : la liberté, la reconnaissance, et l’honneur.
D’ici là, sache que La Qabila pense à toi. Que nous t’attendons. Et que nous ne t’oublierons pas.
Kheireddine Zetchi, l’artisan de la deuxième étoile. Debout et toujours.