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FENEC et SKECHERS: Le sport algérien en friche, mais sa jeunesse en graines

by admin

Comme on dit, dans un tas de fumier, il y a toujours une fleur qui pousse. Notre secteur du sport illustre cette métaphore avec une crudité désarmante. Il présente un tableau souvent alarmant, marqué par des infrastructures en déliquescence, une gestion opaque et un potentiel étouffé. Une situation de décomposition avancée, où la passion du sport se heurte trop souvent aux murs du découragement.

Pourtant, au cœur de ce paysage apparemment stérile, des pousses vertes percent avec une détermination farouche. Une jeunesse algérienne, porteuse d’un espoir concret et pragmatique, refuse la résignation. Elle agit, innove et entreprend, en parfaite adaptation avec les nouvelles orientations du pays qui appellent à la production nationale et à la souveraineté économique.

Cette jeunesse ne se contente pas de rêver d’un autre futur ; elle le fabrique de ses mains.

Le premier éclat de cette floraison s’appelle Karim Matmour. L’ancien international algérien a transposé son engagement du terrain de football au terrain de l’économie en créant FENEC. Cette marque pionnière d’habillement sportif « Made in Algeria » est un acte fondateur. Elle prouve que la qualité, le design et l’esprit sportif peuvent naître ici, être imaginés et cousus ici, par des talents algériens, pour les athlètes algériens et au-delà. FENEC n’est pas qu’une marque, c’est un étendard.

Le second élan, d’une ampleur différente mais tout aussi symbolique, est incarné par Rachad Arslan. Son projet ? Implanter la représentation et, fait crucial, la fabrication de la géante américaine SKECHERS en Algérie. Avec un investissement annoncé de 10 millions de dollars, cette initiative va bien au-delà de l’importation. Elle signifie un transfert de savoir-faire, la création d’emplois spécialisés et l’intégration de l’industrie algérienne dans une chaîne de valeur mondiale. C’est un signal fort adressé au monde : l’Algérie est prête à être une terre de production, pas seulement de consommation.

Ces deux exemples, parmi d’autres qui essaiment en silence, nous démontrent une évidence : la jeunesse algérienne peut et est capable de créer, d’innover dans tous les domaines. Elle en a la compétence, l’audace et la volonté.

Mais à une condition sine qua non : que les autorités publiques la laissent faire et l’accompagnent vraiment.

Leur rôle n’est pas d’étouffer ces pousses prometteuses sous le poids d’un terreau bureaucratique asphyxiant, mais de l’aérer et de l’enrichir. Il s’agit d’aplanir leur chemin, de leur ôter les embûches absurdes et les tracasseries administratives dont nous connaissons, plus que parfaitement, le caractère décourageant. Il faut remplacer la logique du contrôle stérile par celle de la facilitation et du partenariat.

À cette jeunesse qui ne demande qu’à s’impliquer dans la construction de son pays, chacun dans son domaine, nous adressons notre plus profonde admiration et nos vœux les plus sincères.

Bon vent à vous, bâtisseurs de l’Algérie de demain. Puissiez-vous, par vos succès, transformer le tas de fumier en un jardin florissant.

One, two, three…