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Le match Sénégal – FIFA : L’Algérie, un allié stratégique ?

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Un vent de fronde souffle dans les couloirs feutrés de la FIFA. Selon des sources bien informées, l’instance mondiale s’apprêterait à sanctionner la Fédération sénégalaise de football (FSF). Mais à Dakar, la nouvelle est accueillie avec une détermination froide. Loin de se laisser intimider, le Sénégal se prépare, et annonce une contre-offensive qui pourrait bien redéfinir les rapports de force au sein du football continental. Les dés sont jetés : après les matchs sur la pelouse, place à la « troisième mi-temps » devant la plus haute autorité du football mondial.

Un terrain de jeu inattendu : celui de l’éthique

Cette fois, l’affrontement ne se disputera pas dans la surface de réparation, mais sur le terrain miné de la gouvernance et de l’éthique. D’un côté, le Sénégal, présenté par ses défenseurs comme l’un des rares pays africains à avoir réussi à structurer son football de manière pérenne, avec des centres de formation, une gestion transparente et des résultats en équipe nationale qui en attestent. De l’autre, une présidence de la FIFA accusée par ses détracteurs de pratiquer un jeu d’influence politico-sportif, transformant l’institution en un instrument de soft power.

Les preuves avancées ? Des rencontres directes avec des chefs d’État, court-circuitant systématiquement les fédérations nationales, une présence assumée aux côtés de figures politiques controversées lors d’événements comme la conférence pour la paix, et surtout, un soutien perçu comme aveugle à une Confédération Africaine de Football (CAF) dont la gestion a maintes fois été mise en cause. Le Sénégal, justement, s’est fait une spécialité de dénoncer les supercheries de la CAF, souvent avec l’impression que la FIFA couvrait ces dérives.

L’appel aux armes pour toutes les fédérations africaines

L’enjeu dépasse aujourd’hui largement le cas singulier du Sénégal. Le combat qui s’annonce est présenté comme celui de la souveraineté du football africain. L’appel est clair : c’est ici et maintenant que les fédérations africaines doivent se lever et se ranger aux côtés de Dakar pour « sortir la CAF de sa vassalité envers la FIFA ».

Le discours est sans concession. Il rejette une CAN dont les décisions sembleraient se prendre « en dehors du continent », avec un vainqueur parfois « désigné à l’avance » dans l’imaginaire collectif des supporters frustrés. La bataille juridique et morale du Sénégal devient ainsi le symbole d’une aspiration plus large : reprendre le contrôle de son destin footballistique.

L’Algérie, un allié stratégique en puissance

Dans ce bras de fer annoncé, un allié de taille pourrait faire pencher la balance : l’Algérie. Sous l’ère de Djamel Belmadi, la Fédération algérienne de football (FAF) avait déjà, à plusieurs reprises, dénoncé avec véhémence la gestion de la CAF et les influences occultes, sans jamais être véritablement écoutée. Aujourd’hui, la position algérienne est attendue au tournant. Jouer sa carte en se plaçant résolument aux côtés du Sénégal, et en œuvrant à rallier les autres nations africaines, pourrait donner une ampleur inédite à ce mouvement.

Ce serait, pour l’Algérie, l’occasion de mener un nouveau combat panafricain, sur un terrain différent mais tout aussi symbolique que celui du football. Une cause « juste », encore une fois, qui résonnerait bien au-delà des stades.

Une confrontation aux enjeux historiques

La menace de sanctions contre la FSF n’est donc peut-être que l’étincelle. Elle met en lumière une fracture latente et un profond malaise. Le Sénégal, fort de « preuves » collectées depuis un certain temps et qu’il s’apprête peut-être à divulguer, semble décidé à en faire un procès de l’ère Infantino, de ses méthodes et de son influence sur le football africain.

La « troisième mi-temps » s’annonce acharnée. Elle se jouera dans les tribunaux, dans les médias et dans les coulisses des fédérations. Sa finalité ? Rien de moins que l’âme et l’indépendance du football africain. Le coup d’envoi est donné. Et pour une fois, le monde entier pourrait avoir les yeux rivés non pas sur un ballon, mais sur une lutte institutionnelle dont les répercussions pourraient être historiques. Le match Sénégal-FIFA est ouvert.