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Affaire Zetchi : l’expertise juridique tranche, le dossier Adidas est légal

by admin

Après plus d’une année d’enquête, d’incarcération et de tumulte médiatico-judiciaire, l’affaire impliquant Kheireddine Zetchi et plusieurs de ses anciens collègues de la Fédération algérienne de football semble arriver à un tournant décisif. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le dossier, annoncé au départ comme explosif, perd de sa consistance à mesure que la vérité avance. Tout commence par une enquête lourde, un mandat de dépôt, des mois de détention et une avalanche d’accusations. Puis viennent les rapports. D’abord celui de l’Inspection générale des finances, ensuite une contre-expertise demandée par le ministère des Sports. Résultat : pièce après pièce, l’édifice accusatoire se fissure. Le fameux dossier Adidas, présenté comme l’élément central de l’affaire, est finalement écarté. Les expertises concluent que le contrat était réglementaire, conforme, et sans les irrégularités annoncées avec tant de certitudes au début de l’affaire. Une conclusion qui ne surprend guère ceux qui, depuis le premier jour, n’ont cessé de dénoncer une affaire gonflée artificiellement, preuves à l’appui. Mais pendant que les rapports s’empilent et que les accusations s’évaporent, une réalité demeure : plus d’un an de prison pour des hommes qui attendaient que l’on prouve leur culpabilité… ou leur innocence. C’est là que le malaise s’installe. Car dans certaines affaires, la méthode semble inversée : on incarcère d’abord, on enquête ensuite. Les dégâts, eux, sont immédiats et irréversibles. Une réputation brisée, des familles meurtries, des carrières détruites, et des séquelles qui ne disparaissent jamais complètement, même lorsque les charges s’effondrent. La question désormais n’est plus seulement de savoir ce que décidera le juge au terme de cette procédure, mais aussi comment un dossier aussi fragile a pu justifier un tel acharnement judiciaire. Si des manipulations ont eu lieu, si des plaintes ont été orientées, si des informations ont été volontairement écartées pour nuire, alors ces pratiques devront, tôt ou tard, être payées au prix fort. L’affaire Zetchi, comme celles de Saâd, Debichi, nekkache et d’autres encore, finira par trouver son épilogue. Reste à espérer que ce cauchemar judiciaire s’achèvera avec le moins de fracas possible et que la justice réexaminera sérieusement l’usage du mandat de dépôt, censé être réservé aux personnes représentant un danger réel pour la société. Car au-delà des noms et des fonctions, cette affaire pose une question fondamentale : peut-on accepter qu’un homme perde une année de sa vie en prison pendant que le dossier censé l’accuser se vide progressivement de sa substance, car à force d’emprisonner avant de prouver, on finit par transformer la justice en loterie… et la prison en salle d’attente.