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LE FOOTBALL AFRICAIN : Chronique d’une fracture orchestrée!

by admin

Nous devons regarder la réalité telle qu’elle est, sans fard ni complaisance.

Le football africain traverse une crise qui dépasse largement le cadre sportif. Ce qui se joue aujourd’hui sur les terrains, dans les tribunes et sur les réseaux sociaux n’est pas un accident. C’est le résultat prévisible d’une gouvernance défaillante qui a laissé prospérer le doute, la suspicion et, progressivement, la haine.

La Coupe d’Afrique des Nations, symbole supposé de notre unité continentale, est devenue le catalyseur de nos divisions les plus profondes.

Ce constat n’est pas une opinion. C’est une observation factuelle.

L’ÉTAT DES LIEUX : DES PEUPLES QUI SE DÉCHIRENT

Après chaque match à enjeu, les réseaux sociaux africains s’embrasent. On ne critique plus une équipe, on méprise un peuple entier. On ne conteste plus une décision arbitrale, on accuse une nation de tricherie systémique. Les lignes de fracture se superposent et se renforcent mutuellement.

Le football africain fabrique de la discorde, de la haine, de la division ! là où il devrait produire de la fraternité.

Nous approchons dangereusement du point où les dégâts deviendront irréparables.

LA RACINE DU MAL : UNE GOUVERNANCE QUI A FAILLI

La Confédération Africaine de Football a failli à sa mission fondamentale. Non pas par accident, mais par une culture institutionnelle qui a privilégié l’opacité sur la transparence, l’arrangement sur l’équité, le silence sur l’explication.

Quand un penalty contestable décide d’une demi-finale sans communication claire, le soupçon s’installe. La nation perdante se sent spoliée. La nation victorieuse est accusée de complicité. Les deux peuples sortent plus divisés qu’ils n’y étaient entrés.

La CAF a créé les conditions parfaites pour que les peuples africains se retournent les uns contre les autres.

LE MÉCANISME DE LA DIVISION

Quand une compétition est gangrenée par le soupçon de corruption, la défaite devient inacceptable par définition. Elle ne peut pas être méritée puisque le système est perçu comme truqué.

L’adversaire n’est plus un compétiteur loyal. Il devient le complice d’un système jugé corrompu. Il devient l’ennemi.

Voilà comment une institution défaillante transforme des rivalités sportives en haines durables entre peuples.

CE QUE NOUS RISQUONS DE PERDRE

L’Afrique est un continent jeune. Des centaines de millions d’enfants grandissent avec le football comme passion commune. Cette passion constitue peut-être le lien le plus puissant entre des peuples que tout semble parfois séparer.

Si ce lien se rompt, nous aurons perdu bien plus qu’un sport. Nous aurons sacrifié l’une des rares occasions de nous reconnaître comme membres d’une même famille continentale.

La haine, une fois enracinée, ne s’efface pas d’un décret. Les fractures, une fois consommées, ne se réparent pas d’une bonne intention.

APPEL AUX PEUPLES AFRICAINS

La première exigence est la lucidité. Reconnaître que la haine que nous ressentons parfois n’est pas née spontanément. Elle a été nourrie par un système qui prospère sur nos divisions.

La deuxième exigence est la résistance. Résister à la tentation de transformer un adversaire sportif en ennemi existentiel.

La troisième exigence est la mémoire. Se souvenir que nous partageons une histoire commune qui devrait nous unir bien plus que le football ne devrait nous séparer.

Peuples africains, ne laissons pas des institutions défaillantes détruire ce qui nous lie.

APPEL À LA RÉFORME DE LA CAF

La CAF doit être réformée en profondeur, dans ses structures, dans sa culture, dans ses pratiques.

→ Transparence totale sur chaque décision contestée

→ Indépendance des organes de contrôle

→ Modernisation de l’arbitrage

→ Tolérance zéro contre la corruption

→ Communication institutionnelle digne de ce nom

Les peuples africains méritent des réponses claires à leurs questions claires.

L’ALTERNATIVE EST SIMPLE

La CAF peut continuer sur sa trajectoire actuelle et assumer la responsabilité d’avoir transformé le football africain en machine à produire de la haine et la division. Ou elle peut entendre cet appel et redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le gardien de l’intégrité sportive et le promoteur de la fraternité continentale.

Il n’y a pas de troisième voie.

AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Le temps presse. Les fractures s’approfondissent. L’irréparable approche.

Il est encore temps. Mais pour combien de temps encore ?

Zakaria DJEBBOUR