Ils sont des millions à travers le monde à connaître le Tour de France, le Giro ou la Vuelta. Mais combien savent que l’Algérie a abrité, sur ses propres routes, l’événement cycliste le plus long de la planète ?
Nous sommes en 2026, et une question simple mérite d’être posée à toute la corporation des journalistes sportifs algériens : comment expliquer que le Grand Tour d’Algérie Cycliste (GTAC) soit passé totalement inaperçu aux yeux des médias nationaux et internationaux ?
Pourtant, il ne s’agissait pas d’une simple course locale ou d’un tournoi amateur sans envergure. Le GTAC détenait ce record d’endurance qui aurait dû légitimement faire la fierté du pays. Un exploit sportif inscrit dans la durée, organisé par des Algériens, sur le sol algérien, et qui aurait mérité de faire les gros titres.
Le rôle premier du journalisme sportif bafoué
N’est-ce pas là le rôle premier du journalisme sportif ? Mettre en lumière la performance nationale, valoriser les initiatives locales, être le gardien de la mémoire sportive du pays ?
Alors, où étaient les caméras ? Où étaient les micros ? Où étaient les plumes de la presse nationale face à un événement qui, par son ampleur et sa singularité, méritait amplement les projecteurs ?
Face à ce vide médiatique, difficile de ne pas s’interroger : s’agit-il d’une stratégie, consciente ou inconsciente, pour étouffer dans l’œuf toute initiative algéro-algérienne ? Pourquoi ce réflexe quasi-systématique d’ignorer ce qui se fait ici, par nous, pour nous ?
Des priorités éditoriales discutables
Mais une autre question, plus dérangeante encore, mérite d’être posée : Mesdames et Messieurs les journalistes sportifs, plaidez-vous coupable d’avoir fermé les yeux sur cet événement majeur, préférant mettre en exergue de fausses rumeurs, de faux débats, de fausses accusations, dans une logique qui semble davantage viser à nuire qu’à promouvoir le sport algérien ?
Car pendant que le GTAC traçait sa route dans l’indifférence générale, que remplissait vos colonnes et vos antennes ? Quels sujets méritaient davantage votre attention qu’un record mondial battu sur notre sol ?
Une responsabilité collective
La question est posée avec respect, mais avec insistance. Car si les premiers informateurs que sont les journalistes sportifs ignorent ce qui se passe sur leur propre terre, comment peuvent-ils exiger du public ou de la communauté internationale qu’ils s’y intéressent ?
Le Grand Tour d’Algérie Cycliste mérite mieux que l’oubli. Il mérite sa place dans l’histoire du sport national. Et il est encore temps de réparer cette injustice.
Il est encore temps de sortir des sentiers battus du football et des polémiques stériles pour enfin regarder ce qui se fait de grand, d’ambitieux et d’authentiquement algérien.