Le secteur des sports en Algérie marche-t-il sur la tête ?
La question mérite d’être posée tant les dysfonctionnements s’accumulent et les nominations interrogent. Que peut-on attendre d’un domaine où l’incompétence semble devenir la norme et où l’éviction des plus capables se transforme en triste habitude ? Regardons les faits. Comment justifier que des ministres, dépourvus du moindre diplôme universitaire, soient placés à la tête d’un secteur aussi stratégique ? L’un cumule son poste avec la présidence d’une fédération nationale, l’autre s’est accaparé du Comité Olympique Algérien. Quel message cela envoie-t-il à la jeunesse et aux milliers d’étudiants des instituts des sports ? Faut-il rappeler ce cas édifiant où un simple agent comptable du ministère s’est vu propulser secrétaire général de la Fédération Algérienne de Football ? Ou encore ce journaliste, certes compétent dans son domaine, nommé directeur d’un complexe olympique sans la moindre expérience en gestion d’infrastructures sportives ? La liste est longue. Les exemples similaires pourraient remplir des pages et des pages. Pendant ce temps, des cadres compétents, des techniciens aguerris, des formateurs de terrain sont mis à l’écart, négligés, voire poursuivis pour avoir osé défendre une certaine idée de l’éthique sportive. Le paradoxe est cruel : on écarte les bâtisseurs et on installe des occupants.
Alors, que cache cette stratégie destructrice du système sportif algérien ? Pourquoi cette situation, loin d’être anecdotique, se généralise-t-elle de jour en jour ?
Faut-il y voir une simple négligence ou le résultat d’un calcul plus profond ? Le secteur de la jeunesse et des sports n’est pas un domaine anodin. Il représente la colonne vertébrale de la société, un capital inestimable, la force vive de la nation. Le piéger, le livrer à des ignorants, c’est scier la branche sur laquelle repose l’avenir du pays.
Mais ces « ignorants » ne sont peut-être pas là par hasard. Ils occupent le terrain, sans doute pour le compte de stratèges qui ont bien compris que contrôler la jeunesse et le sport, c’est contrôler l’énergie d’un peuple. En affaiblissant le système, en le vidant de sa substance et de ses compétences, on le rend vulnérable, dépendant et perméable à toutes les influences.
Le sport algérien n’est pas seulement malade de ses mauvais résultats. Il est malade de ceux qui l’habitent et de ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre. Tant que cette stratégie de démantèlement silencieux se poursuivra, la jeunesse continuera de payer le prix fort.