C’est le cœur lourd et révolté que nous exprimons nos plus sincères condoléances à la famille, aux amis et aux proches de notre ami et collègue Yacine Kadda, décédé en prison.
Alors qu’on ne cesse de nous rabâcher, à chaque discours d’un responsable, le « strict respect de la loi », nous sommes en droit de nous interroger : de quel droit emprisonne-t-on une personne, qui plus étatit malade, avant même d’avoir mené une enquête sérieuse et prouvé les accusations portées contre elle ?
Pourquoi cette pratique aberrante qui consiste à enfermer d’abord, puis à « gigoter » ensuite pour trouver de quoi justifier une décision d’emprisonnement prise à la hâte ? Ce scandale n’est malheureusement pas isolé. Il rappelle le calvaire de Kheireddine Zetchi et de ses trois collègues, maintenus en détention provisoire depuis plus de quinze mois sans jugement à ce jour.
Jusqu’à quand ? N’y a-t-il personne de sensé, dans cette institution, pour mettre fin à cette règle absurde, inhumaine et profondément injuste ?
Aujourd’hui, au-delà de la perte cruelle d’un ami et d’un collègue, c’est un symbole qui s’en va. Yacine Kadda représentait toute une génération de cadres, systématiquement mis à l’écart d’un secteur qu’on a préféré confier à des mains étrangères aux véritables enjeux de la jeunesse et du sport.
Sa mort en détention est une tragédie personnelle pour les siens, et une tache indélébile sur un système qui a failli. Que son décès ne soit pas vain. Qu’il suscite enfin une remise en question profonde et un changement radical des pratiques.