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AFR : Le Sénégal champion d’Afrique, en onze leçons (analyse).

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Par: M.M Foot Afrique

Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, on serait tenté de dire, c’est le Sénégal qui gagne ! Pour reprendre un peu la fameuse phrase de l’ancien international anglais, Gary Lineker, mais remise au goût du jour pour revenir sur le sacre du Sénégal à la dernière Coupe d’Afrique des nations en… onze leçons.

  • La force : en battant le Maroc, chez lui et devant son public, les Lions de la Teranga étaient les plus forts, et personne n’a pu remettre en cause leur supériorité, tant sur le plan technique, tactique et physique, tellement ils ont dominé le tournoi et la finale. C’est une équipe qui est montée en puissance et ne s’est pas cachée dès le début, affichant son ambition de remporter le trophée, contrairement à d’autres sélections soufflant le chaud et le froid, sans se mouiller.
  • La solidarité : cette vertu n’a pas été un vain mot pour les Sénégalais qui ont fait preuve d’un esprit coriace et déterminé à tous les instants. En plus du groupe des joueurs, cette solidarité était palpable au niveau des membres des différents staffs et des accompagnateurs de la sélection tout au long de la compétition, ne laissant aucun détail au hasard, comme l’illustre cette histoire de serviette du gardien Edouard Mendy protégée par son remplaçant Yehvann Diouf.
  • L’union : le groupe sénégalais et toute la délégation sénégalaise étaient transcendés par cette union qui fait justement la force. De l’ancien président, Augustin Senghor et de l’ex-sélectionneur Aliou Cissé, présents dans les tribunes, en passant par Hadji Diouf, l’ancienne légende du football sénégalais, Abdoulaye Fall, le nouveau patron de la fédération, et même l’actuel et l’ancien directeurs techniques nationaux Amara Traoréet Mayacine Mar, ont réussi à entourer et protéger la sélection durant tout le tournoi.
  • La maturité : l’une des caractéristiques de cette sélection sénégalaise, c’est cette maturité que ce soit dans le jeu ou dans la gestion des situations les plus délicates. Même de jeunes garçons comme Ibrahim Mbaye (18 ans), le joker de luxe, ou Mamadou Sarr (20 ans), remplaçant du capitaine Kalidou Coulibaly lors de la finale, ont su tirer leur épingle du jeu en se fondant dans le groupe avec une maturité déconcertante. Ou bien la manière dont a été gérée la fin de match contre le Maroc en finale, savamment orchestrée entre la fermeté du coach Pape Thiaw et la diplomatie du capitaine Sadio Mané.
  • La vision : le sacre sénégalais est le fruit d’une vision qui n’est pas née la veille de la compétition ou quelques mois avant. Le football sénégalais a fait des choix forts il y a plus de deux décennies, en s’appuyant sur des dirigeants visionnaires qui ont mis les jalons de la réussite avant de laisser le temps et le travail faire le reste.
  • La stratégie : dès le début des années 2000, après le passage d’Oumar Seck et l’arrivée d’El Hadji Malick Sy dit ‘’la souris’’, président de la FSF (2000 – 2003), le Sénégal a fait le choix d’une stratégie qui s’avérera payante, construite sur la formation locale et l’exportation vers l’Europe, notamment en France, avec un retour sur investissement au niveau de la sélection nationale, comme la fameuse génération ‘’Sénefs’’, les Sénégalais de France qui ont énormément apporté au football national.
  • La formation : l’élément de base de la stratégie sénégalaise est sans conteste la formation des jeunes talents dont regorge le pays. Au début, des centres de formation et des académies ont vu le jour : Génération Foot, Diambars FC, AS Dakar Sacré Cœur, Paris Saint-Germain Academy Sénégal, Oslo Football Académie, Castors Football Club, Saint-Louis Académie Football, Académie Darou Salam, AS Pikine, Teungheth football club Rustique. Une véritable industrie du football qui produit sans bruit.
  • La stabilité : l’un des facteurs de réussite de n’importe quelle entreprise est certainement la stabilité, surtout lorsque le choix des hommes et des compétences est bien fait. Depuis 2009, et l’élection d’Augustin Senghor, avocat, homme politique et maire de Gorée, le football sénégalais a pris un tournant important. Jusqu’à 2025, année de son départ, Senghor a milité pour renforcer le système de formation en s’appuyant sur une DTN longtemps incarnée par Mayacine Mar qui continue à en faire partie en s’occupant de la formation y compris celle de l’encadrement, et la structuration des centres et des clubs.
  • La continuité : Abdoulaye Fall est le nouveau président de la Fédération sénégalaise de football depuis 2025. Son arrivée s’est faite dans la continuité pour poursuivre l’œuvre entamée par son prédécesseur Senghor, sans casse ni remise en cause, et encore moins de règlements de comptes. Fall est porteur d’un projet ambitieux en complément au travail déjà fait, avec certainement une plus-value qui a vite donné ses fruits, avec ce sacre à la CAN-2025, le deuxième en quatre ans.
  • L’investissement : la Fédération sénégalaise de football n’a, certes, pas les – grands – moyens d’autres associations au niveau continental, mais elle a su investir dans la ressource humaine et l’encadrement technique, avec une implication des anciens internationaux qui n’ont jamais hésité à mettre la main à la poche pour insuffler une dynamique au football de base qui alimente en continu les sélections de jeunes qui sont souvent sacrées ces dernières années (U17 et U20). Autre réussite du football sénégalais : le Beach-Soccer, où le Sénégal domine l’Afrique depuis plusieurs années, avec 8 trophées à la CAN en 10 éditions.
  • L’humilité : on peut égrener d’autres leçons et vertus qui font aujourd’hui la grandeur du football sénégalais, mais terminons avec l’humilité. Notamment, dans la victoire et dans la ‘’bagarre’’ où joueurs et dirigeants ont fait preuve de maîtrise et de fierté, mais point d’arrogance et de prétention dans les actes et dans les paroles. Et pourtant, d’autres, à leur place, auraient fanfaronné à souhait. Toutes ces leçons portent une seule marque, celle des champion.