On n’est décidément pas à une bizarerie près avec Walid Sadi. Oui, encore une. Le grand argentier du football algérien, habitué aux feux des projecteurs et aux poignées de main protocolaires, a réussi l’exploit de se faire invisible là où sa présence était plus que requise : lors de la remise du trophée de la Supercoupe au Mouloudia d’Alger.
Le contraste est saisissant, et il interroge. En 2025, scène classique : Sadi, sourire officiel aux lèvres, tend lui-même la coupe aux vainqueurs, immortalisant son rôle de pourvoyeur de gloire. Flash-forward en 2026 : le MCA triomphe à nouveau, le trophée est levé… mais l’homme de l’ombre, lui, a disparu dans la sienne. Pourtant, toutes les sources le confirment : il était bel et bien présent au stade. Alors, que s’est-il passé entre ces deux actes pour que le principal financier du football national devienne un fantôme le jour J ?
Qu’est-ce qui a changé ? Le scénario de l’évitement.
Plusieurs pistes, plus ou moins romanesques, s’offrent aux amateurs de scenarios :
- Le Scénario de la Tempête Financière : Et si Sadi, empêtré dans les critiques sur la gestion des fonds de la FAF et les retards de versements aux clubs, avait choisi la discrétion pour éviter de cristalliser la colère sur sa personne ? Remettre la coupe, c’est endosser le rôle du bienfaiteur. Peut-être que dans le climat actuel, ce rôle est devenu trop lourd à porter sans s’exposer aux sifflets.
- Le Scénario de la Brouille Politique : Les relations entre la FAF et le MCA, ou plus largement avec certains clubs influents, sont-elles au beau fixe ? La disparition de Sadi au moment clé pourrait être un signe de tension, un message froid passé par l’absence, une manière de se désolidariser d’une célébration sans rompre officiellement.
- Le Scénario de l’Ordre Supérieur : Et si la décision ne venait pas de lui ? Une instruction discrète, venue d’ailleurs, lui aurait intimé de rester en retrait. Pour ne pas associer son image, devenue encombrante sur certains dossiers, à un moment de liesse nationale. Une mise à l’écart prophylactique.
- Le Scénario du Simple Hasard (le moins crédible) : Un malaise soudain ? Un empêchement de dernière minute ? Dans le monde très calculé du football-business algérien, le hasard fait rarement bien les choses. Son absence trop parfaite ressemble à un choix.
Avis aux amateurs : à vos théories !
Que cache cette éclipse volontaire ? Un calcul politique, un aveu de faiblesse, un signe avant-coureur d’un changement plus profond dans les arcanes du pouvoir footballistique ? Walid Sadi, maître dans l’art de la communication et du silence stratégique, nous livre une nouvelle énigme. En choisissant de s’effacer au moment de la consécration, il envoie un message peut-être plus fort que s’il avait parlé.
Une chose est sûre : dans le feuilleton permanent qu’est la FAF, cet épisode de la « remise sans le remetteur » restera comme un symbole des non-dits et des équilibres invisibles qui régissent le football algérien. La coupe est au Mouloudia, mais l’ombre de Sadi, elle, plane désormais sur toute cette histoire.